Quand le chantier s'arrête à cause du froid, du gel, de la pluie ou du vent, le salarié est payé et la caisse CIBTP rembourse l'employeur. Combien exactement ? L'outil ci-dessous chiffre l'indemnité période par période, en intégrant la carence d'1 heure et le plafond de 55 jours par campagne intempéries (1er novembre — 31 mars), sur le barème 2026.
La méthode reprend les articles L. 5424-6 à L. 5424-15 et D. 5424-7 du Code du travail, ainsi que le barème 2026 appliqué par les caisses CIBTP. C'est exactement ce que la caisse va vérifier sur votre dossier de remboursement.
L'indemnité ne couvre que les chantiers extérieurs : gros œuvre, couverture, charpente, étanchéité, terrassement, VRD, façade. Les chantiers intérieurs (second œuvre en bâtiment clos et couvert) en sont exclus. L'arrêt — total ou partiel — doit être constaté et signé par le chef de chantier le jour même : pluie diluvienne, gel, vent fort, neige, températures négatives prolongées. Sans ce constat horodaté, la caisse refuse le remboursement.
L'article L. 5424-12 prévoit que la première heure d'inactivité de chaque arrêt n'est pas indemnisée. En pratique, les caisses CIBTP appliquent cette carence par jour calendaire et non par arrêt physique : si plusieurs interruptions ont lieu le même jour (matin et après-midi), une seule carence d'1 heure s'applique. L'outil suit la pratique CIBTP. Si la journée fait 7 heures et que l'arrêt couvre la journée entière, seules 6 heures sont indemnisables.
L'indemnité est calculée à 75 % du salaire horaire brut du salarié (art. L. 5424-13). Le plafond horaire est fixé à 120 % du plafond horaire de la sécurité sociale (PHSS) — pas au SMIC (art. D. 5424-7). En 2026, le PHSS est d'environ 29 €/h, ce qui donne un plafond salaire de référence de 34,80 €/h, soit une indemnité horaire plafonnée à 26,10 €/h (= 29 × 1,20 × 0,75). Bien au-dessus de l'ancien plafond SMIC : un ouvrier qualifié payé 22 €/h sera intégralement indemnisé à 16,50 €/h sans atteindre le plafond. Le salarié perçoit son salaire normal pendant l'arrêt ; c'est l'employeur qui se fait rembourser par la caisse CIBTP de sa région.
Aucun salarié ne peut être indemnisé plus de 55 jours d'intempéries par campagne (art. L. 5424-15). La campagne intempéries court du 1er novembre au 31 mars — et non sur une année civile. Au 1er novembre suivant, le compteur repart à zéro. Au-delà des 55 jours, l'employeur paie le salaire intégralement et n'est plus remboursé. Sur un hiver très rude, ce plafond se franchit vite — d'où l'importance de suivre le cumul jour par jour et de basculer les équipes sur des chantiers intérieurs quand c'est possible.
L'indemnité est égale à 75 % du salaire horaire de référence (celui de la veille de l'arrêt, hors majorations d'heures supplémentaires et primes de frais), dans la limite d'un plafond horaire d'environ 26 €/h en 2026. Ce n'est pas 100 % du salaire. Le calculateur applique le taux de 75 % et le plafond en vigueur.
Les heures d'arrêt réelles, moins une heure de carence sur le premier arrêt, dans la limite de 55 jours (ou l'équivalent en heures) par salarié et par année civile. Au-delà de ce plafond, l'arrêt n'est plus indemnisé. Le calculateur retranche la carence et s'arrête au plafond annuel.
Non. Elle correspond à 75 % du salaire horaire de référence, plafonnée. Le salarié subit donc une perte, mais faible sur le net : l'indemnité est exonérée de cotisations sociales et seule la CSG-CRDS (environ 6,70 %) s'applique. En net, l'écart réel avec un salaire travaillé reste limité.
La première heure du premier arrêt n'est pas indemnisée : c'est la carence, fixée à 1 heure. Attention, beaucoup de sources parlent à tort d'une « carence de 10 jours » — c'est faux pour le régime intempéries du BTP. Le calculateur déduit automatiquement cette heure de carence du total indemnisable.
Oui, depuis le 1er janvier 2024, les fortes chaleurs (vigilance orange ou rouge de Météo-France) ouvrent droit au régime de chômage intempéries, au même titre que le gel, la neige ou les fortes pluies. L'arrêt doit rendre le travail dangereux ou impossible sur le chantier. Les mêmes règles de taux, de carence et de plafond s'appliquent.
Le salarié doit avoir travaillé au moins 200 heures dans le BTP au cours des deux mois précédents, être présent sur le chantier au moment de l'arrêt, et ne pas avoir dépassé le plafond de 55 jours indemnisés dans l'année. L'arrêt doit résulter d'intempéries rendant le travail dangereux ou impossible, sur décision de l'employeur.
Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration se fait exclusivement en ligne, via l'espace sécurisé de votre caisse CIBTP ; les envois papier sont rejetés. L'employeur avance l'indemnité sur la paie, puis déclare l'arrêt et se fait rembourser. La déclaration doit être faite dans le mois suivant la reprise du travail, sous peine de forclusion.
Le chômage intempéries est propre au BTP, financé par les caisses CIBTP, et ne nécessite aucune autorisation administrative préalable : l'employeur décide l'arrêt puis se fait rembourser. L'activité partielle (chômage partiel) relève d'un dispositif général, soumis à autorisation de l'administration et à un autre mode d'indemnisation. Les deux ne se cumulent pas sur les mêmes heures.