Calculateur de révision de prix BTP (Index BT)

Sur un marché de longue durée, le prix initial ne suit pas l'inflation des matériaux et de la main-d'œuvre. Cet outil applique la formule officielle de révision CCAG-Travaux (art. 10.4) à partir des index BT INSEE. Vous obtenez le prix révisé en quelques secondes — gratuit, sans inscription.

La formule de révision de prix CCAG-Travaux

Cadre juridique : article 10.4 du CCAG-Travaux (clause de révision standard, marchés publics) et clauses contractuelles équivalentes des marchés privés (norme NF P 03-001). Les index BT (Bâtiment) sont publiés chaque mois par l'INSEE et accessibles gratuitement sur insee.fr. Voici les règles que le calculateur applique.

1. La formule de référence : 15 % fixe + 85 % variable

P_n = P_0 × (0,15 + 0,85 × BT_n / BT_0). P_0 est le prix initial HT du marché, BT_0 la valeur de l'index à la date d'origine du marché (mois zéro, généralement le mois précédant la signature ou la remise de l'offre), BT_n la valeur de l'index au mois de la révision. Les coefficients 0,15 (part fixe) et 0,85 (part variable) sont la convention standard CCAG-Travaux ; leur somme doit faire 1.

2. Choisir le bon index BT selon le corps d'état

BT01 (tous corps d'état) est l'index par défaut pour les marchés tous corps d'état confondus. Pour un lot unique, utilisez l'index correspondant : BT03 maçonnerie, BT07 charpente métallique, BT09 carrelage, BT10 menuiserie bois, BT16a plomberie, BT17 chauffage, BT38 peinture, BT47 électricité courants forts, BT49 couverture tuiles, BT50 rénovation-entretien, etc. Sur un marché multi-lots, chaque lot peut être révisé avec son propre index.

3. Le mois zéro (BT_0) gèle le prix initial

BT_0 est la valeur de l'index figée à la date contractuelle d'origine. Cette date est définie dans le CCAP ou la convention : le plus souvent c'est le mois de remise de l'offre, ou le mois M − 1 de la signature. Une fois fixée, elle ne bouge plus pendant toute la vie du marché. Si le BT_0 est mal identifié, toutes les révisions ultérieures sont fausses — c'est l'erreur la plus fréquente.

4. La part fixe (0,15) protège des fluctuations excessives

Conserver 15 % du prix non révisable est une protection symétrique : ni vous ni le client n'est pleinement exposé aux variations de l'index. Cette répartition 15/85 figure dans le CCAG-Travaux et la majorité des contrats privés. Vous pouvez la négocier (par exemple 10/90 si la matière représente plus de 90 % du coût, ou 20/80 sur des marchés à forte main-d'œuvre), mais la somme des deux coefficients doit toujours faire 1.

5. Révision appliquée à chaque situation, pas a posteriori

La révision se calcule sur chaque situation de travaux (acompte mensuel) en prenant le BT_n du mois d'exécution réelle des prestations, pas le mois de facturation. Le solde final est révisé au BT_n du mois de la dernière prestation. Si vous oubliez de réviser pendant 12 mois sur un marché en forte inflation, vous perdez plusieurs points de marge — c'est de l'argent dû qui vous échappe.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre actualisation et révision de prix ?

L'actualisation est un ajustement unique du prix, appliqué avant le début des travaux lorsque plus de 3 mois séparent la date de l'offre du démarrage. La révision est un ajustement périodique, appliqué en cours d'exécution à chaque situation, via une formule d'index. Les deux ne se cumulent pas sur un même marché public.

Quelle est la formule de révision de prix d’un marché de travaux ?

La forme complète est P = P₀ × (a + b × BTₙ/BT₀), où « a » est la partie fixe non révisable et « b » la partie variable, avec a + b = 1. En marché public, la partie fixe est d'au moins 12,5 %. Le calculateur applique par défaut 0,15 de partie fixe et 0,85 de partie variable, une répartition courante et conforme.

Pourquoi une partie fixe de 12,5 % dans la formule ?

Pour les marchés publics de plus de 3 mois, la réglementation impose une partie fixe non révisable d'au moins 12,5 % du prix : l'entreprise assume une part du risque, seule la fraction variable suit l'index. Sans partie fixe, la formule se réduirait à P₀ × BTₙ/BT₀ — c'est l'approche courante en marché privé, où la clause est librement négociée.

Qu’est-ce que l’index BT01 et à quoi sert-il ?

Le BT01 est l'index national « tous corps d'état » publié chaque mois par l'INSEE : il mesure l'évolution des coûts du bâtiment (matériaux, main-d'œuvre, énergie). Il sert de référence pour réviser un prix de marché. Il existe des index plus ciblés (gros œuvre, second œuvre…) : choisissez celui qui correspond le mieux à la nature de vos travaux.

Qu’est-ce qu’un index provisoire et un index définitif ?

L'INSEE publie les index avec environ 2 à 3 mois de décalage. On facture donc d'abord avec un index provisoire (le dernier connu), puis on régularise dès que l'index définitif du mois concerné est publié. Cette régularisation peut donner lieu à un complément ou à une reprise sur la situation suivante. Prévoyez-la dans votre suivi.

La révision de prix est-elle obligatoire dans les marchés publics ?

Depuis le décret du 9 mars 2022, une clause de révision est en pratique imposée dans les marchés publics exposés à la volatilité des matières premières, pour protéger les entreprises comme l'acheteur. Une clause de révision ne peut pas être ajoutée par avenant en cours de marché, car cela fausserait la concurrence : elle doit figurer dès le marché initial.

Quel index BT utiliser selon le type de travaux ?

Le BT01 couvre tous corps d'état ; pour un lot spécialisé, un index plus précis est souvent plus juste (gros œuvre, second œuvre, corps d'état techniques). L'INSEE fait évoluer sa liste : certains index sont supprimés et d'autres créés (par exemple un index dédié à l'isolation thermique par l'extérieur en 2026). Utilisez l'index prévu par votre marché.

Comment intégrer la révision dans une situation de travaux ?

On calcule d'abord le coefficient de révision avec ce calculateur, puis on l'applique au montant de la situation avant retenue et TVA. En marché public, on utilise l'index provisoire, régularisé ensuite. Pour enchaîner situation et révision sur plusieurs chantiers sans erreur, un logiciel de suivi comme Batup automatise le calcul et la régularisation.