Micro-entreprise, EI au réel, EURL, SARL ou SAS : chaque statut a ses pièges. Répondez à 4 questions, on vous recommande celui qui colle à votre profil, avec une note sur 10 et un tableau comparatif complet des cinq formes juridiques.
Le moteur de recommandation pondère vos 4 réponses selon les seuils légaux et les retours terrain de centaines d'artisans BTP. Aucune réponse universelle : juste une mise en relation entre votre profil et les forces de chaque statut.
Le régime micro-entreprise est plafonné à 188 700 € HT en achat-revente et 77 700 € HT en prestations pures (seuils 2026, loi de finances 2023 gelée jusqu'à fin 2026). Au-delà, vous basculez automatiquement au réel. En dessous de 30 000 € de CA, la micro reste presque toujours plus avantageuse car la fiscalité forfaitaire colle au volume réel. Au-delà de 200 000 €, la SARL ou la SAS deviennent quasiment incontournables pour optimiser la fiscalité.
Un entrepreneur seul a accès aux 5 formes (micro, EI, EURL, SARL unipersonnelle, SASU). Dès qu'il y a au moins 2 associés, la micro et l'EI sortent du jeu : seules les sociétés (SARL, SAS) restent possibles. La SAS est plus souple sur la répartition des droits et la gouvernance ; la SARL impose un cadre légal plus contraignant mais plus protecteur pour les petits associés.
Un artisan qui revend beaucoup de matériaux (gros achats fournisseurs) est très pénalisé par la micro : il paye des cotisations sur le CA total (matériaux inclus) sans pouvoir les déduire. L'EI au réel ou la SARL devient bien plus optimisée car les achats matières sont déduits du bénéfice imposable et la TVA est récupérée sur les achats. La prestation pure (main d'œuvre seule) est mieux servie par la micro tant que le plafond le permet.
Simplicité administrative : micro > EI > EURL > SARL > SAS. Protection du patrimoine personnel : EURL = SARL = SAS > EI avec déclaration d'insaisissabilité > micro. Optimisation fiscale (à CA élevé) : SARL ≈ SAS > EURL > EI > micro. Accueil d'investisseurs : SAS très loin devant les autres (actions, BSA, BSPCE, pacte d'associés). Confirmez votre choix avec un expert-comptable avant immatriculation.
Si vous démarrez seul, sans associé, avec moins de 77 700 € de CA prévu en prestations pures (ou 188 700 € en achat-revente) et que vous voulez aller vite, la micro-entreprise reste imbattable la première année. Dès que vous prévoyez plus de 80 000 € de CA ou que vous achetez beaucoup de matériaux, basculez en EI au réel ou EURL pour déduire vos charges. Avec un ou plusieurs associés, la SARL ou la SAS deviennent obligatoires. Le comparateur ci-dessus vous donne la réponse adaptée à votre profil.
L'EURL est une SARL avec un seul associé : juridiquement c'est la même forme, le régime social et fiscal change. En EURL à l'IR (par défaut), le bénéfice est imposé directement sur la déclaration personnelle du gérant. En EURL à l'IS (sur option), la société paye l'IS et le gérant ne paye des cotisations que sur sa rémunération. La SARL classique (2 associés et plus) est obligatoirement à l'IS sauf option SARL de famille. Concrètement : EURL pour démarrer seul avec une structure protectrice, SARL quand vous vous associez.
SARL : cadre rigide mais protecteur, parts sociales, gérant majoritaire en TNS (~45 % de cotisations). SAS : grande liberté statutaire, actions, président assimilé salarié (70-80 % de cotisations mais protection régime général). La SAS est plus chère en cotisations mais permet de moduler facilement rémunération et dividendes (les dividendes en SAS échappent aux cotisations sociales). Pour le BTP : SARL si vous voulez le cadre rassurant, SAS si vous prévoyez de lever des fonds ou de faire entrer/sortir des associés. La SAS est devenue le standard des sociétés modernes.
Depuis le 15 mai 2022, l'Entrepreneur Individuel bénéficie automatiquement de la séparation patrimoine professionnel / patrimoine personnel : seuls les biens utilisés pour l'activité peuvent être saisis par les créanciers professionnels. Votre résidence principale est insaisissable de plein droit. C'est un changement majeur qui a rendu l'EI au réel quasi aussi protectrice qu'une EURL, avec moins de formalisme et zéro coût de constitution. Pour la majorité des artisans solo qui veulent quitter la micro, l'EI au réel est aujourd'hui le bon compromis.
Plafonds 2026 : 77 700 € HT pour les prestations pures (BIC services artisan), 188 700 € HT pour l'achat-revente de matériaux (loi de finances 2023, seuils gelés jusqu'à fin 2026). Vous restez en micro tant que vous êtes sous ces seuils sur 2 années consécutives. Mais le vrai seuil économique est différent : dès que vos achats matériaux dépassent 30 % du CA, ou dès 60 000 € de CA en prestations BIC, l'EI au réel devient plus rentable car vous déduisez vos charges réelles au lieu de subir l'abattement forfaitaire de 50 %.
Tous les statuts hors micro en franchise. Attention : il faut distinguer le plafond du régime micro (77 700 € prestations / 188 700 € achat-revente en 2026) du seuil de franchise en base de TVA (art. 293 B CGI : 37 500 € prestations / 85 000 € livraisons de biens en 2026). En micro sous franchise TVA, vous ne facturez pas la TVA mais ne la récupérez pas non plus. Au-dessus du seuil de franchise (ou sur option), vous facturez la TVA et la récupérez sur vos achats. En EI au réel, EURL, SARL, SAS : récupération automatique. Pour un artisan BTP qui achète 30 000 € de matériaux/an, ça représente 6 000 € de TVA récupérée — un argument lourd pour quitter la micro dès que possible.
Oui, mais avec des coûts et des contraintes. De micro vers EI au réel : changement automatique au dépassement des plafonds, ou sur option. De micro vers EURL/SARL/SAS : il faut créer la société, transférer le fonds de commerce, faire publier l'annonce légale (200 à 400 €), payer le greffe (60 à 250 €) et changer tous les contrats clients en cours. C'est faisable mais ça coûte 1 000 à 2 500 € avec un expert-comptable. Mieux vaut bien choisir dès le départ si vous anticipez une croissance rapide.
Non, le capital social est libre depuis longtemps : 1 € minimum théoriquement, mais cette pratique est mal vue par les banques et fournisseurs. En BTP, un capital de 3 000 à 8 000 € est un minimum crédible. Au-delà de 10 000 €, vous gagnez en crédibilité bancaire et facilitez vos demandes de financement. Le capital peut être libéré partiellement à la création (20 % minimum en SAS, 50 % en SARL) et le reste dans les 5 ans. Apport en nature possible (véhicule, outils) avec valorisation par un commissaire aux apports si > 30 000 €.
Non. Cet outil donne une orientation basée sur les seuils légaux et les retours terrain les plus courants en BTP. Votre situation personnelle (régime matrimonial, dettes existantes, foyer fiscal, perspectives de cession dans 5-10 ans, projets de recrutement, etc.) peut totalement changer le bon choix. Les chiffres et seuils sont indicatifs (barème 2026). Confirmez avec votre comptable avant toute décision juridique ou d'immatriculation. La consultation d'un expert-comptable coûte 150 à 300 € — c'est un investissement minuscule par rapport à un mauvais statut.